Samedi 24 Février 2018

Histoire du Quartier

  Histoire du quartier à travers les âges

 

1. Témoignage d'un contemporain

2. Route des pèlerins de Saint Jacques

3. Le classement du prieuré

4. Le prieuré de Bardanac sur la route de Saint Jacques

5. "...si Bardanac m'était conté" par R Saint Orens

6. Pour en savoir plus...

 

 

1. Témoignage d'un contemporain

1. Un ancien de la Paillère témoigne

Madame Catherine Tuvalle, première présidente du quartier de Compostelle, raconte :
Monsieur Georges. Cessy, un ancien, véritable mémoire du quartier, m'a souvent raconté la vie du quartier de La Paillère-Compostelle.

Jusqu'en 1950, les fermes, les champs et les troupeaux régnaient sur notre quartier.

Ferme

Une grosse maison bourgeoise se dressait là où se trouve la Faculté d'Histoire-Géographie. Les fermes s'éparpillaient sur le terrain du C.R.E.P.S. et une, avenue de la Paillère

Pour pouvoir construire l'université, d'abord celle des Sciences de 1956 à 1968, puis celle des Lettres en 1965,
les fermiers et les habitants ont été expropriés.

Fac Sciences

Certains ont accepté les terrains proposés avenue de la Paillère.
La dernière ferme avec troupeaux et champs (cressonnières) a été vendue en 1990 en appartements, ses champs ayant été lotis par la STIMO (Bouygues), actuellement les Maisons de Pessac Village.

Avec la construction de la Faculté a également commencé la construction des immeubles de Compostelle.

compostelle bat 

Là encore, ce n'étaient que des champs et des vignes où les bordelais- dont la famille Rothschild-venaient pique-niquer le dimanche assis sur des grandes couvertures en prenant de l'eau au puits de Monsieur Cessy.

Puit 

Le chemin de la Paillère, avec ses fossés et son cadre champêtre, est devenu dans les années 1980 l'avenue passante que nous connaissons maintenant.
Pour être entendus par leur maire, les habitants entre les deux guerres et après étaient regroupés en association de quartier. Monsieur Cessy se souvient avoir fait du porte à porte pour vendre des cartes d'adhérents.

En 1988, je rejoins le comité de quartier Chiquet-Fontaudin, invitée par son président, Monsieur Jacques Clémens : réunion mensuelle dans une salle de Fontaudin, en gascon la fontaine du grand chêne chez les sœurs de la Congrégation de Saint-Joseph.
Mêmes soucis : le campus, la circulation, le tout-à-l'égout.
En février 1992, notre quartier vole de ses propres ailes.


Menu Haut

2. Route des pèlerins de Saint Jacques

La Voie de Tours, permet aux pèlerins de rejoindre les Pyrénées à Saint-Jean-Pied-de-Port. Le départ de Paris est fixé à la Tour St Jacques, ancien clocher de l’église St Jacques–de-la-Boucherie. Ensuite elle suit le cheminement des pèlerins du Moyen-âge qui, utilisant les voies de communication existantes, allaient vénérer les reliques de Saint-Martin à Tours, et de Saint-Seurin à Bordeaux.

prieuré de BARDANAC

bardanac1 p

Fleche Directions

Déja connu sous Charlemagne le prieuré de Bardanac devient l’hôpital de Bardanac, puis Notre Dame de Bardanac. Après sa défaite devant Saragosse et la débâcle de Roncevaux, Charlemagne s’arrête près de l’hôpital de Bardanac pour y soigner ses blessés.
L’établissement de l’époque n’était pas celui que nous connaissons aujourd’hui. Il comprenait une salle à feu, une grange avec de la paille pour y dormir et une salle commune d’hôpital.

En 1328, notre Dame de Bardanac connaît une plus grande renommée auprès des fidèles. En 1464, Louis XI crée la poste royale et Notre Dame de Bardanac devient le Relais de Compostelle.

domaine LA BURTHE

Chateau de La Burthe

Ce domaine de la Burthe couvert de vignes appartenait aux moines: soit à ceux de Cayac soit à ceux de Bardanac.

prieuré de CAYAC

Prieure de Cayac

Cayac, initialement composé d'une église, d'un hôpital et d'un cimetière où étaient enterrés les religieux et les pèlerins morts d'épuisement ou de maladie. De l'autre côté de la voie se trouvent le logement des frères hospitaliers et les dépendances (chai, cuvier, écurie, poulailler, grange et moulin à farine). Une voûte existait probablement entre les deux parties permettant l'accueil des pèlerins et servant aussi aux hospitalisés afin qu'ils puisent suivre les cérémonies religieuses.


Menu Haut

3. Le classement du prieuré

La Médiathèque de l'Architecture et du Patrimoine.
Base Mérimée : Immeubles protégés au titre des Monuments Historiques
Ancien prieuré de Bardanac

Localisation
Adresse
Date protection
Préc.
Protection
Dénomination
Eléments MH
Siècle
Technique décor
Statut propriété
Site protégé
Historique

Aquitaine ; Gironde ; Pessac
Bayonne (route de) 759
1998/11/26 : inscrit MH
L'ancien logis et le porche d'entrée coiffé de son pavillon, en totalité (cad. DI 250, 252) : inscription par arrêté du 26 novembre 1998
prieuré
logis ; porche ; pavillon
16e siècle ; 18e siècle
peinture
propriété d'une société privée
liste du patrimoine mondial
Mentionné dès 1235, mais probablement antérieur, l'hôpital de Bardenac était le premier hôpital, à la sortie de Bordeaux, que rencontraient les pèlerins se rendant à Saint-Jacques-de-Compostelle. Prieuré à partir du 14e siècle, il passa aux mains des Jésuites en 1700. La fonction d'hôpital disparut en 1751. Le domaine, vendu comme bien national, fut acheté en 1810 par Flameric de Lachapelle qui accueillait les derniers pèlerins dans le bâtiment du porche. Il en subsiste un logis qui conserve des traces de fresques du 16e siècle, et une partie des communs. La chapelle a disparu entre 1820 et 1849 suite à l'élargissement de la route. Le logis, de la fin du 15e ou du début du 16e, est en forme de L, amputé de l'aile nord-sud au 19e siècle. Demeure l'aile est-ouest avec, derrière les arcades, la façade primitive, des fenêtres à meneaux côté nord, des portes anciennes et, à l'étage, une charpente d'origine ainsi que tout le décor peint sur les murs. Ces peintures daterait du 16e siècle. S'y devinent un paysage avec deux arbres, une scène de chasse et d'autres éléments dans des panneaux.
© Monuments historiques, 1998 PA33000019


Menu Haut

4. Le prieuré de Bardanac sur la route de Saint Jacques

st jaques

La découverte, au IXème siècle, des reliques de Saint Jacques le Majeur, en Galice, déclenche un pèlerinage au siècle suivant. Ce n'est qu'à partir du XIIème siècle que ce pèlerinage prend une importance considérable.
Les pèlerins s’arrêtent à Saint Martin de Pessac, petite chapelle au milieu des champs. Cette paroisse sur la route de Bayonne, a établi un reposoir qui ne tarde pas à devenir Notre Dame de Bardanac ou Bardanac, (l'actuel relais de Compostelle). Là s'arrêtent les pèlerins, après avoir marqué un arrêt à la Croix de Saint Genès. L'établissement de l'époque n'était pas celui que nous connaissons aujourd'hui qui ne date que des XVIIème et XVIIIème siècles.

bardanac1 p
Prieuré de Bardanac
Vue de la façade

bardanac2 p
Prieuré de Bardanac
Vue de l'arrière du bâtiment

Il comprenait une salle à feu, une grange avec de la paille pour dormir et une salle commune d'hôpital pour cinq lits « réservés à des visiteurs ne couchant pas sur la paille » les notables de passage. Nous ne savons pas s'il précéda ou fut contemporain du premier hôpital-prieuré de Cayac dans Gradignan dont les vestiges actuels sont postérieurs au XIIème siècle.
Après les chênaies de Talence, c'est à dire Notre Dame de Bardanac, les pèlerins prenaient contact avec la terre de lande de Pessac.

Que reste-t-il du concret de cette époque ? Des bâtiments, des sarcophages sous le parking du relais gastronomique actuel, les restes des pèlerins qui ont arrêté ici leur pèlerinage et leur vie.

Extrait du livre de R. Saint Orens, historien et président de l'association Les Amis du Vieux Pessac

bardanac3 p 

bardanac4 p 

Prieuré de Bardanac - Détail de l'architecture intérieure

Le prieuré de Bardanac figure sur la liste des immeubles protégés au titre de la législation sur les monuments historiques par arrêté du 26 novembre 1998, sous l’action du comité de quartier de l’époque, soutenu par la Fédération des quartiers de Pessac, et Monsieur Alain Juppé, Premier Ministre.

bardanac5 
Vue actuelle du prieuré de bardanac


Menu Haut

5. "...si Bardanac m'était conté" par R Saint Orens

Par Raphaêl Saint Orens
st jaques

« …Étape pour les pèlerins qui, au Moyen-âge et jusqu'au XVIIIème siècle, se dirigeaient vers les lieux saints, l'hôpital de Bardanac est attesté par deux actes de 1235….
Pierre Amanieu, Captal de Buch, fit un legs en 1300 à l'hôpital de Bardanac. Gérard Bernet en était prieur en avril 1427 et en avril 1441. En 1426, l'établissement menaçait de tomber en ruines et manquait de ressources pour assurer les réparations nécessaires. En 1459, on sait que l'abbé de Terrasson en était administrateur (il s'appelait Hugo de La Brosse)….
Notre Dame de Bardanac fut unie au collège de la Madeleine de Bordeaux en même temps que la cure de Pessac, son annexe (7 juin 1600) ainsi que diverses autres chapelles…

Les revenus du prieuré consistaient surtout en vins.
En 1606 : 16 tonneaux
En 1608 : 28 tonneaux, 3 barriques
En 1648, Bardanac et ses annexes rapportaient 3294 livres.
En 1669, ce vin était vendu 40 écus (120 livres) le tonneau, soit 20 livres de plus que le prix courant des vins de Bordeaux.
De 1743 à 1757, les comptes estiment en moyenne les revenus de Bardanac à 6019 livres, ses charges à 853 livres.
De 1760 à 1761, les revenus ont été de 14280 livres et les charges de 11245 livres.

Un procès verbal dressé le 8 août 1673 par Pierre de Malescot, Conseiller du Roi, lieutenant général de la Sénéchaussée de Guienne donne une description des prieurés hospitaliers de Saint Jacques (ou James) et de Notre Dame de Bardanac.
Il dit ce dernier «en bon état et bien entretenu, pourvu de chambres, lits, meubles et autres choses nécessaires servant à recevoir et à héberger lesdits pèlerins qui viennent de Saint Jacques en Galice en Espagne, et que dans ledit hôpital tous les dits pèlerins malades y sont reçus et très bien soignés avec tout le zèle et piété, et à la satisfaction et soulagement de tous les susdits pèlerins...», «lequel hôpital est situé sur le bord du grand chemin qui conduit de Bordeaux à Bayonne, du côté du couchant, et l'église (2) ou chapelle en dépendant, sur l'autre bord dudit chemin et vis à vis de l'hôpital, du côté du levant, .... est bien carrelée, lambrissée par le haut et les murailles bien blanchies et en bon état... les vitres d'icelle étant fort bien, et ayant un beau retable travaillé en sculpture au maître-hôtel, et à chaque côté un pareil autel avec des tableaux qui font une partie de l'ornement et beauté de ladite église, et une chaire élevée servant pour la prédication... [Quant aux ornements pour dire la sainte-messe] ...Ils sont fort beaux et ressemblent plutôt à ceux d'une importante ville que d'une église de campagne. Et avons aussi vu au haut du clocher d'icelle une cloche d'une médiocre grosseur servant pour appeler le peuple aux saints offices [célébrés dans ladite église] à côté de laquelle, vers le nord, avons vu un cimetière et dans le milieu d'icelui une croix de pierre élevée, travaillée avec architecture...» «Et étant entrés dans ledit hôpital [avons vu] ... une belle chambre basse en bon état et tenue proprement.... ». «Nous a été dit par Michel Simondin (3) que ledit collège tient audit lieu en qualité d'hospitalier, qu'il y passe journellement des pèlerins qui vont et viennent de Saint Jacques [de Compostelle] auxquels il distribue la charité selon la coutume». En 1660, l'hôpital Saint James de Bordeaux a accueilli 98 pèlerins malades (4)…

C'est donc au début du XVIIème siècle que les biens de Notre-Dame de Bardanac furent dévolus au collège des révérends pères jésuites qui les conservèrent jusqu'à la Révolution. Jusqu'alors, les processions venant de Pessac, Gradignan et Talence, venaient chaque année honorer et prier Notre-Dame de Bardanac dont la chapelle fut détruite à la fin du XVIIIème siècle…

La République expropria en 1793 le domaine et ses dépendances qui furent déclarés «bien national» (soit, le domaine : 156 journaux (6), 10r., 6c. - charmilles : 4 journaux, 28 r., 6c. - vignes et enclos : 39 journaux, 30 r.- taillis : 57 journaux, 13 r. - landes : 27 journaux, 15 r. - garenne : 4 journaux, 5 c. - labour : 3 journaux, 19 r., 7 c.- prairies : 18 journaux, 18 r.. Estimé : 45000 livres. Quant à son annexe : 6 journaux, 21 r., 9 c. dont maison, terres et vignes 2 journaux : 2 journaux. Estimée 4000 livres. Le 22 avril 1793, le tout fut adjugé à Prault pour la somme de 137500 livres. Ce dernier revendit Bardanac le 10 Pluviose An II à La Lande (21550 livres) qui le revendit à son tour à Mme Carrié-Sénilhes la 18.12.1806. Celle ci le vendit aux frères Chaulet le 6 février 1807 auxquels l'acheta Laurent Flameric de Lachapelle le 9 février 1810. »

(1) Collège des Jésuites
(2) Quelques tronçons de colonnes, provenant de cette chapelle, qui soutenaient un pressoir de «Tétard», ont été transportés en 1973 à Langoiran (à Chauvin, propriété de Garaud, descendants de Laurent de Lachapelle).
(3) Prieur
(4) Selon une tradition familiale, Laurent Flameric de Lachapelle accueillit à Bardanac les derniers pèlerins de Saint Jacques de Compostelle. Il les logeait dans le porche de sa propriété et était parfois gratifié, à leur retour, de quelques pieuses médailles.
(5) Mesure de superficie correspondant à la quantité de terrain qu'un homme pouvait labourer en un jour.

Bibliographie

[1] Abbé Baurein, Les variétés bordelaises, pp. 332-334
[2] Les établissements jésuites en France, Tome 3, p. 524
[3] A. Nicolaï, Saint Jacques de Compostelle, Editions Ferret, 1897
[4] Les Jésuites à Bordeaux - Comptes-rendus des travaux de la Commission des documents et documents historiques de la Gironde, 1853-1854
[5] Catherine Fénelon, Les établissements hospitaliers dans le diocèse de Bordeaux au Moyen-Âge, Université


Menu Haut

6. Pour en savoir plus...

Carte Anciens Chemins

Carte Anciens Chemins

Carte Anciens Chemins

Carte Anciens Chemins

Les liens pour en savoir plus:
www.compostelle.asso.fr
www.chemins-compostelle.com
www.saint-jacques-aquitaine.com

Menu Haut

Vous êtes ici : Accueil Le Quartier Histoire du Quartier